Sayyed Nasrallah: le Liban est responsable des déplacés

Jeudi 03 Janvier 2013 à 18:45 Politique
ANI - Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a indiqué, jeudi, dans une allocution prononcée à l'occasion du quarantième de l'imam Hussein, à Baalbeck, que "le besoin de se rendre à Karbala se fait sentir malgré les attentats et l'idéologie takfiriste semée par les Etats-Unis dans la région".



"Les attentats et les enlèvements n'empêcheront pas les pèlerins pakistanais, iranien, libanais ou irakien de visiter ce lieu saint", a-t-il affirmé.



En outre, Sayyed Nasrallah s'est interrogé sur la signification des attaques contre les églises dans des pays arabes ou étrangers ainsi que les massacres commis contre des chrétiens dans le monde.



"Qui a donné le droit aux takfiristes de tuer les chrétiens alors que l'Islam a, à travers l'histoire, respecté leurs rituels?", s'est-il demandé.



Sayyed Nasrallah a assuré que "les Libanais vivent dans une région divisée. Nous sommes déterminés à protéger l'union de n'importe quel pays, le clivage menaçant l'Irak, l'Egypte, la Libye, la Syrie et même l'Arabie Saoudite", a-t-il ajouté.



"Nous devons faire face à tout projet consistant à fragmenter le Liban en mini-Etats ou en émirats car le pays est tellement petit pour être divisé", a-t-il poursuivi.



"Les Libanais sont appelés à protéger leur union et leurs institutions. Le Liban est le pays le plus affecté par les événements qui se déroulent autour de lui, notamment en Syrie, et ce en raison du pluralisme confessionnalisme et politique, du conflit d'intérêts et de la frontière commune", a-t-il précisé. Il a rappelé dans ce contexte que " la Békaa et le Nord sont les régions les plus touchées par ces événements vu leur proximité géographique".



Sur un autre plan, Sayyed Nasrallah a déploré le fait que "la Syrie soit en guerre". "Laissez de côté la politique de distanciation. Deux positions sont claires, celle exhortant au dialogue et une autre tentant d'importer les événements sur la scène interne", a-t-il clamé à l'adresse du Liban.



"La position de notre camp politique et du gouvernement actuel est la meilleure puisqu'elle empêche les répercussions des violences au Liban", a-t-il avancé.



Concernant les déplacés syriens et palestiniens, le secrétaire général du Hezbollah a affirmé que "le Liban en est responsable. Nous devons traiter ce dossier en tenant compte uniquement du facteur humain, sans le politiser. Nous devons nous occuper des familles syriennes, quelle que soit leur appartenance politique".



Et d'ajouter que "Le Liban ne peut fermer ses frontières avec la Syrie, en dépit des dangers politique, sécuritaire et économique qui résulteraient. Le gouvernement devrait prendre une position officielle et claire à ce titre. La solution réelle au problème des déplacés serait un compromis politique, susceptible de mettre un terme à la guerre en Syrie".



Il a exhorté le gouvernement libanais à exercer une pression, en vue de trouver une issue politique à ce dossier.



"Ceci ne s'oppose pas à la politique de distanciation. L'Etat libanais peut s'adresser aux Américains et à la Ligue arabe, laissant le Liban supporter ce fardeau", a-t-il dénoncé.



Sur un autre plan, il a appelé l'Etat libanais "à négocier directement avec les ravisseurs des Libanais en Syrie".



"Cette affaire est une répercussion de la crise. Elle est de surcroit exploitée et à l'origine d'un schisme au sein de la société libanaise. Les familles des otages doivent imputer la responsabilité à l'Etat libanais et ce, sans bloquer les routes".



Sayyed Nasrallah a assuré que "le mouvement de protestation des familles est un droit normal et légitime. La démarche de l'Etat reste insuffisante et il doit négocier directement avec les ravisseurs".



"Nous devons demander l'aide aux pays pouvant avoir une influence sur les ravisseurs, tels que l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, lesquels accordent un soutien financier et logistiques aux combattants", a-t-il signalé.



"L'Etat, s'il s'avère impuissant à régler cette affaire, doit informer les familles et les forces politiques, y compris le Hezbollah", a-t-il martelé.



Sur un autre plan, Sayyed Nasrallah a assuré que "le Liban fonde de grands espoirs sur le dossier du pétrole et du gaz, pouvant résoudre les problèmes économiques et sociaux du pays".



"Nous espérons que cette richesse soit une bénédiction et non une malédiction. Des documents démontrent que les événements actuels s'expliquent par la richesse en gaz et en pétrole dans la région. Mais si le Liban parvient à tirer profit de cette richesse, il pourrait payer ses dettes", a-t-il noté.



Sayyed Nasrallah a mis en garde contre "les menaces israéliennes à l'encontre des compagnies de pétrole", mettant l'accent sur la nécessité d'une stratégie nationale pour protéger cette ressource.



"La résistance est prête à accorder son aide en vue de protéger cette richesse pétrolière nationale. Nous ne tirons pas notre force de notre nombre ou de notre arsenal mais de notre volonté et notre foi", a-t-il conclu.



================N.A./V.MW.



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